20 décembre 2006
La traversée de l'été - Truman Capote
Merci à celui qui a retrouvé ce premier livre, inédit de Truman Capote, écrit entre dix-neuf et vingt-neuf ans. Son auteur n'avait pas souhaité le publier, car il souhaitait le retravailler, qu'aurait-il pu nous apporter de plus?
Court mais très intense, avec un mélange d'indolence, de déraisonnable et de superficialité, toute l'atmosphère new-yorkaise des années 50.
Aux antipodes de nos considérations caniculaires estivales, l'héroïne de Truman Capote nous emporte dans un New-York brûlant et déserté de ses riches habitants.
Présentation de l'éditeur
Grady McNeil a dix-sept ans et l'âme passionnée. Alors que ses riches parents vont passer l'été en Europe, elle se retrouve seule dans un New York vibrant sous la canicule. Délaissant le luxe de la Cinquième Avenue, elle tombe amoureuse de Clyde, gardien de parking à Broadway. Ils s'aiment, mais de façon différente. La fierté provocante de Grady et la nonchalance de Clyde vont peu à peu les entraîner vers de dangereux précipices.
Alors oui, il faut le lire, d'abord ça réchauffe, même si le concept de température avoisinant les 40° C nous parait dénué de sens en ces rudes temps de froid polaire. Ensuite et surtout, c'est très bien écrit, la dérive des personnages dans ce New-York dépeuplé est extrêmement bien analysé, retranscrite et la chute qui se profile est presque un soulagement lorsqu'elle arrive enfin.
Grasset paru le 13 septembre 2006 - 203 pages -12,90€
13 décembre 2006
Le monde sans les enfants - Philippe Claudel
Des histoires à raconter, peut-être édulcorées ou adaptées selon l'âge des auditeurs, mais quel plaisir de leur lire. Certes, les enfants ne savent pas forcément ce que c'est un « stage de remise à niveau » et autres joies de la vie active, peu importe ils apprécient quand même. Plus d’une fois, je me suis surprise à glousser.
Présentation de l'éditeur
Les enfants aujourd’hui ne s’en laissent pas conter, mais ce sont néanmoins des enfants, avec leurs angoisses, leur naïveté, leurs interrogations, leurs espoirs. Ces histoires, souvent cocasses et drôles, leur ouvrent une fenêtre poétique et parfois philosophique sur le monde. Au fil des pages, on croise des fées maladroites, des balayeuses de soucis, des chasseurs de cauchemars, des fillettes qui inventent des vaccins pour rendre les gens heureux, et d’autres personnages pleins de tendresse. Toujours avec pudeur et émotion, Philippe Claudel aborde, grâce à eux, des sujets graves ou tabous, comme la maltraitance, la maladie, la guerre, la mort, la différence, mais aussi tout simplement ces petites peurs ou ces complexes que l’on doit vaincre pour devenir grand. Ces histoires à partager en famille sont une invitation au dialogue, au débat avec les adultes une fois le livre refermé car les grandes personnes oublient trop facilement les enfants qu’elles ont été, et leur responsabilité à l’égard des générations à venir. De superbes illustrations de Pierre Koppe accompagnent ce livre touchant et poétique, pour petits et grands. Toutes les histoires ne sont pas d'égales intérêt, mais la poésie qu'il s'en dégage, l'ironie et la tendresse, m'ont rendu ce livre très attachant. Alors n'hésitez pas à le mettre dans la PAL (Pile A Lire) ou LCN (Liste Cadeaux Noël).
Pour le plaisir quelques extraits :
"Ce jour-là comme d'habitude il avait voulu jouer avec les autres, mais une fois encore les autres l'avaient chassé. Alors Lucas s'était assis sur le banc, en dessous du marronnier, tout penaud. Les larmes lui venaient aux yeux.
La maîtresse s'en était rendu compte et s'était approchée de lui. "Tiens, avait-elle dit, tu ne seras plus jamais seul." et elle lui avait tendu un livre. Lucas l'avait pris, ouvert, avait lu le premier mot, la première phrase et soudain pfffttt, il avait été comme aspiré ! Il était entré dans le livre, d'un coup, comme s'il avait plongé sur un toboggan qui n'en finissait pas."
Etonnant, comme cela réveille de drôles de souvenirs.
La petite fille à la fée entrée dans sa chambre :"Il y a des lois, madame. je pourrais appeler la police. Elle viendrait immédiatement et vous seriez arrêtée. De plus, vous importunez une mineure, une très jeune enfant, j'ai six ans et la loi est encore plus sévère avec les personnes qui harcèlent les très jeunes enfants, qui entrent dans leur chambre sans permission, qui leur font les yeux doux, qui esaient de les embobiner avec des histoires abracadabrantes!"
Cela vous rappelle quelque chose, que celui ou celle qui n'a jamais mis son enfant en garde, de là à s'interroger sur la part d'imaginaire que l'on laisse à l'enfant ?
Des histoires à raconter, peut-être édulcorées ou adaptées selon l'âge des auditeurs, mais quel plaisir de leur lire. Certes, les enfants ne savent pas forcément ce que c'est un « stage de remise à niveau » et autres joies de la vie active, peu importe ils apprécient quand même. Plus d’une fois, je me suis surprise à glousser. Les enfants aujourd’hui ne s’en laissent pas conter, mais ce sont néanmoins des enfants, avec leurs angoisses, leur naïveté, leurs interrogations, leurs espoirs. Ces histoires, souvent cocasses et drôles, leur ouvrent une fenêtre poétique et parfois philosophique sur le monde. Au fil des pages, on croise des fées maladroites, des balayeuses de soucis, des chasseurs de cauchemars, des fillettes qui inventent des vaccins pour rendre les gens heureux, et d’autres personnages pleins de tendresse. Toujours avec pudeur et émotion, Philippe Claudel aborde, grâce à eux, des sujets graves ou tabous, comme la maltraitance, la maladie, la guerre, la mort, la différence, mais aussi tout simplement ces petites peurs ou ces complexes que l’on doit vaincre pour devenir grand. Ces histoires à partager en famille sont une invitation au dialogue, au débat avec les adultes une fois le livre refermé car les grandes personnes oublient trop facilement les enfants qu’elles ont été, et leur responsabilité à l’égard des générations à venir. De superbes illustrations de Pierre Koppe accompagnent ce livre touchant et poétique, pour petits et grands.
Toutes les histoires ne sont pas d'égales intérêt, mais la poésie qu'il s'en dégage, l'ironie et la tendresse, m'ont rendu ce livre très attachant. Alors n'hésitez pas à le mettre dans la PAL (Pile A Lire) ou LCN (Liste Cadeaux Noël).
Pour le plaisir quelques extraits :
"Ce jour-là comme d'habitude il avait voulu jouer avec les autres, mais une fois encore les autres l'avaient chassé. Alors Lucas s'était assis sur le banc, en dessous du marronnier, tout penaud. Les larmes lui venaient aux yeux.
La maîtresse s'en était rendu compte et s'était approchée de lui. "Tiens, avait-elle dit, tu ne seras plus jamais seul." et elle lui avait tendu un livre. Lucas l'avait pris, ouvert, avait lu le premier mot, la première phrase et soudain pfffttt, il avait été comme aspiré ! Il était entré dans le livre, d'un coup, comme s'il avait plongé sur un toboggan qui n'en finissait pas."
Etonnant, comme cela réveille de drôles de souvenirs.
La petite fille à la fée entrée dans sa chambre :"Il y a des lois, madame. je pourrais appeler la police. Elle viendrait immédiatement et vous seriez arrêtée. De plus, vous importunez une mineure, une très jeune enfant, j'ai six ans et la loi est encore plus sévère avec les personnes qui harcèlent les très jeunes enfants, qui entrent dans leur chambre sans permission, qui leur font les yeux doux, qui esaient de les embobiner avec des histoires abracadabrantes!"
Cela vous rappelle quelque chose, que celui ou celle qui n'a jamais mis son enfant en garde, de là à s'interroger sur la part d'imaginaire que l'on laisse à l'enfant ?
07 décembre 2006
Les choses s'arrangent mais ça ne va pas mieux - Kate Ackinson
J'adore ce titre, cela aurait pu être celui d'un film d'Audiard. Le livre de Kate Ackinson ne dément pas cette première impression avec des réflexions piquantes, de ce type : "Pam n'était pas ce que Gloria aurait appelé une amie, juste quelqu'un qu'elle connaissait depuis si longtemps qu'elle avait renoncé à s'en débarrasser."
Présentation de l'éditeur
Parce qu'il a été témoin d'un violent accrochage entre deux automobilistes, Jackson Brodie, dont nous avons connaissance dans La Souris bleue, va se trouver lancé dans une série d'aventures incroyables. Les choses s'arrangent... est un thriller, une comédie noire et une satire de la vie contemporaine britannique. Plusieurs intrigues se croisent avec brio dans un texte porté par un humour subversif et un suspense hitchcockien. Sont brocardés entre autres un certain théâtre d'avant-garde, les exercices auxquels doivent se plier les écrivains pour vendre leurs livres, une certaine littérature populaire, les promoteurs immobiliers, l'exploitation sexuelle des Jeunes femmes d'Europe de l'Est, les nouveaux riches. Le regard décapant de Kate Atkinson sape les prétentions et les illusions des personnages et dynamite nos certitudes.
Cette histoire abracadabrante est surtout le prétexte pour nous dresser une succession de portraits drôles et cruels, la femme du riche et truand promoteur, la jeune femme de l'est sans scrupules, l'écrivain perturbé, l'ex-flic toujours au mauvais endroit au mauvais moment, c'est tout simplement réjouissant.
La comédienne au talent (physique) indiscutable répète avec le plus grand sérieux une pièce au titre improbable "A la recherche de l'équateur au Groënland", tout un programme.
Gloria, la mère et épouse apparemment modèle aux pensées si peu politiquement correctes. La conversation avec sa fille Emily est délicieuse :"Emily voyait un genre de psychologue tous les mercredis après-midi, un dénommé Bryce qui lui reprogrammait la cervelle dans une configuration plus positive.
- Non, qu'est ce que tu as compris? s'enquit Gloria qui se demanda si elle ne reprogrammerait pas plus vite et à moindre frais la cervelle de sa fille en la frappant à la tête avec la cuiller à arroser qu'un individu du nom Bryce."
Je vous laisse le plaisir de découvrir les autres réflexions humanistes de Kate Atkinson, sans oublie le suspense insoutenable qui vous pousse vers la fin de ce roman aux allures de polar.
Fallois paru le 23 août 2006 - 410 pages - 19€
04 décembre 2006
Pardon !
Non, ce n'est pas le titre du dernier Mary Higgins Clark ou John Grisham sorti pour les fêtes de Noël, ce n'est que moi. 
Veuillez me pardonner pour l'interruption momentanée de ce blog, pour des raisons dépendantes de ma volonté.
En effet pour des motifs aussi futiles que sorties, dîners, travaux manuels tels que électricité, plantage de clous et autres subtiles activités, j'ai peu lu et encore moins commenté, mais promis, juré, mercredi je suis de retour.
A tous celles et ceux qui possèdent ou convoitent de beaux marque-pages, n'hésitez pas à nous les montrer.
