ph_claudelDes histoires à raconter, peut-être édulcorées ou adaptées selon l'âge des auditeurs, mais quel plaisir de leur lire. Certes, les enfants ne savent pas forcément ce que c'est un « stage de remise à niveau » et autres joies de la vie active, peu importe ils apprécient quand même. Plus d’une fois, je me suis surprise à glousser.

Présentation de l'éditeur
Les enfants aujourd’hui ne s’en laissent pas conter, mais ce sont néanmoins des enfants, avec leurs angoisses, leur naïveté, leurs interrogations, leurs espoirs. Ces histoires, souvent cocasses et drôles, leur ouvrent une fenêtre poétique et parfois philosophique sur le monde. Au fil des pages, on croise des fées maladroites, des balayeuses de soucis, des chasseurs de cauchemars, des fillettes qui inventent des vaccins pour rendre les gens heureux, et d’autres personnages pleins de tendresse. Toujours avec pudeur et émotion, Philippe Claudel aborde, grâce à eux, des sujets graves ou tabous, comme la maltraitance, la maladie, la guerre, la mort, la différence, mais aussi tout simplement ces petites peurs ou ces complexes que l’on doit vaincre pour devenir grand. Ces histoires à partager en famille sont une invitation au dialogue, au débat avec les adultes une fois le livre refermé car les grandes personnes oublient trop facilement les enfants qu’elles ont été, et leur responsabilité à l’égard des générations à venir. De superbes illustrations de Pierre Koppe accompagnent ce livre touchant et poétique, pour petits et grands.

Toutes les histoires ne sont pas d'égales intérêt, mais la poésie qu'il s'en dégage, l'ironie et la tendresse, m'ont rendu ce livre très attachant. Alors n'hésitez pas à le mettre dans la PAL (Pile A Lire) ou LCN (Liste Cadeaux Noël).

Pour le plaisir quelques extraits :
"Ce jour-là comme d'habitude il avait voulu jouer avec les autres, mais une fois encore les autres l'avaient chassé. Alors Lucas s'était assis sur le banc, en dessous du marronnier, tout penaud. Les larmes lui venaient aux yeux.
La maîtresse s'en  était rendu compte et s'était approchée de lui. "Tiens, avait-elle dit, tu ne seras plus jamais seul." et elle lui avait tendu un livre. Lucas l'avait pris, ouvert, avait lu le premier mot, la première phrase et soudain pfffttt, il avait été comme aspiré ! Il était entré dans le livre, d'un coup, comme s'il avait plongé sur un toboggan qui n'en finissait pas."
Etonnant, comme cela réveille de drôles de souvenirs.

La petite fille à la fée entrée dans sa chambre :"Il y a des lois, madame. je pourrais appeler la police. Elle viendrait immédiatement et vous seriez arrêtée. De plus, vous importunez une mineure, une très jeune enfant, j'ai six ans et la loi est encore plus sévère avec les personnes qui harcèlent les très jeunes enfants, qui entrent dans leur chambre sans permission, qui leur font les yeux doux, qui esaient de les embobiner avec des histoires abracadabrantes!"
Cela vous rappelle quelque chose, que celui ou celle qui n'a jamais mis son enfant en garde, de là à s'interroger sur la part d'imaginaire que l'on laisse à l'enfant ?