traire_pouleUne fausse bonne idée ou l'arroseur arrosé?
J'ai acheté ce livre avec la sournoise intention de le faire lire à mon mari et de le détourner à tout jamais de ces velléités campagnardes.
Ne plus jamais entendre vanter les louanges de la vie au grand air, la beauté de la nature, l'authenticité des ruraux,... je pensais avoir trouvé le passeport pour la tranquillité.

En fait, je l'ai dévoré, j'ai ricané et me suis sentie confortée dans mes positions, la meilleure maison de campagne c'est celle des autres.
Il n'y a aucune nécessité à en posséder une, sous peine de s'astreindre à des contraintes d'allers-retours tous les week-ends et ôter vous de l'esprit, toute idée bucolique de journée passée dans le jardin ou en promenade, il faudra d'abord perdre deux heures dans l'Intermarché local, ne pas traîner au lit samedi matin afin de ne pas rater le marché,.. et rentrer le dimanche soir avec tous vos coreligionnaires, sortir les enfants endormis de la voiture, défaire les bagages (oui, même pour 2 jours il y en a, comme du linge sale).

Présentation de l'éditeur
Le monde change... et la campagne aussi ! La preuve ? Il y a de plus en plus de citadins qui laissent tomber le bitume des cités pour les verts pâturages. Qu'ils soient éleveurs de chèvres, post soixante-huitards, néo-ruraux, rurbains exploitants de chambres d'hôtes ou résidents secondaires, tous sont confrontés aux mêmes questions existentielles auxquelles ce manuel essaie de répondre avec pragmatisme et... humour. Un coq est-il indispensable pour que la poule ponde un œuf ? Quelle est la différence entre un bœuf et un taureau, le Ricard et le Pastis 51, la SAFER et la DDE ? Peut-on laisser monter une salade ? Si oui, sur quoi ? Est-ce que ça rapporte de faire " chambres d'hôtes " ? Si oui, combien ?... etc.

Pour tous ceux qui ont des envies de campagne, ont déjà pris leur décision de quitter la ville ou juste envie de se moquer des amateurs de résidences secondaires, emparez-vous du livre "Comment traiter les poules ?". Le sujet du livre m'a enchanté, le dessin sur la couverture est drôlissime et je n'ai pas été déçue.

Mon seul reproche concerne finalement le manque de réalisme sur la nature des relations que l'on peut avoir avec des entreprises lorsqu'on se lance dans des travaux de rénovation. C'est bien en-dessous de la réalité, la vérité se situe entre le cauchemar et un film des Charlots.

Pour finir, une fois donné ledit ouvrage à son destinataire, celui-ci n'a eu que quelques mots elliptiques : "C'est amusant, mais cela reste un livre, nous ce ne sera jamais comme ça !"

Chiflet & Cie paru le 2 novembre 2006 - 126 pages - 10€