Oui, j'ai le temps de Lire

... ou je le prends. Des critiques subjectives de livres récents.

23 février 2007

L'amour est une chose étrange - Joseph Connolly

connollyLe titre a des accents d'eau de rose, qui ne reflète absolument pas l'esprit du livre. Le parfum de ce livre serait plutôt le souffre.
L'ai-je aimé ? Pas vraiment, cet univers glauque, triste et sadique m'a franchement déplu, j'arrête les qualificatifs avant de vous dégoûter définitivement d'ouvrir le dernier Joseph Connolly.
Pourtant j'aurais dû être plus circonspecte dans mon choix, je n'avais pas été très enthousiasmée par son précédent ouvrage "Vacances anglaises" (L'Olivier, 2000), adapté au cinéma par Michel Blanc sous le titre Embrassez qui vous voudrez.

Présentation de l'éditeur
Banlieue de Londres, années 50. La famille Coyle est au bord de l'explosion : le père partage son temps entre un boulot minable, une prostituée, le whisky et le poker ; la mère tente tant bien que mal de faire tourner la maison -, la fille se rebelle contre une éducation religieuse trop rigide -, le fils ne rêve que d'une chose, avoir comme son meilleur copain un poste de télévision. Lorsque l'appareil tant convoité arrive enfin, pour Clifford, le bonheur est total. Mais la catastrophe est proche. Les mésaventures des Coyle, contées tour à tour par les quatre membres de cette famille, sont l'occasion pour Joseph Connolly de mettre en scène les bouleversements de la société anglaise d'après-guerre. Et de passer au vitriol des notions aussi " dépassées " que l'amour, la fidélité, la maternité.

Cette présentation très édulcorée, omet d'évoquer les autres thèmes du livre qui sont l'inceste, le viol, le sadisme, le proxénétisme,... tout un programme.
Pour autant, il serait réducteur de résumer ce livre avec ces quelques mots, il y a de très bons passages, les réflexions des membres de la famille, surtout dans la première partie sont très fortes, très justes. Connolly dépeint parfaitement la vie dans les années 50, les sentiments, les espoirs et désillusions de chacun sont émouvants.
Mais au fil des pages, cela s'alourdit et finit dans des situations apocalyptiques, sans grand souci de crédibilité. En refermant le livre, le goût qu'il laisse est amer, une sensation d'écoeurement, vite passons à autre chose.

Flammarion paru en janvier 2007 - 480 pages - 19,90€

Posté par Agapanthe à 22:08 - Connolly Joseph - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


12 février 2007

La vie aux aguets - William Boyd

boyd1Attention, je ne rembourserai pas ce livre comme a pu le promettre Bernard Pivot* pour un précédent ouvrage de William Boyd, à ceux qui ne l'aimeraient pas. Pourtant, je suis sûre que vous l'apprécierez autant que moi. Sans vous en rendre compte, l'énigmatique dame anglaise va vous happer dans le tourbillon de sa jeunesse.

Présentation de l'éditeur
Pendant la canicule de l’été 1976, dans la campagne oxonienne, une jeune femme rend visite à sa mère, dont les propos la désarçonnent. Que penser en effet quand votre mère si anglaise, si digne, vous annonce tout de go qu’elle n’est pas Sally Gilmartin mais Eva Delectorskaya, une émigrée russe et une ex-espionne de haut vol ? Et pourtant Ruth Gilmartin doit s’y résoudre : tout est vrai. Depuis trente et quelques années, pour tenter de retrouver la sécurité, voire sauver sa peau, Sally-Eva a échafaudé avec soin le plus vraisemblable des mensonges.

Au fil de la lecture du mémoire que lui remet sa mère, Ruth voit sa vie basculer. À qui se fier ? À personne justement, comme le voulait la règle numéro un du séduisant et mystérieux Lucas Romer qui a recruté Eva en 1939 pour les services secrets britanniques. Mais Ruth comprend. Si Eva se découvre maintenant, c’est qu’elle a besoin de l’aide de sa fille pour accomplir sa dernière mission : régler une fois pour toutes son compte à un passé qui, du Nouveau-Mexique à un petit village de l’Oxfordshire, s’acharne à vouloir rattraper une vie, déjà depuis longtemps, habitée par la peur.

Basé sur des faits réels, ce roman aux accents de thriller est passionnant, quelle joie de retrouver Boyd en grande forme. J'avais décroché depuis quelques années, lassée par ses nouvelles et romans sans grand intérêt.
Dans "La vie aux aguets", le passé et le présent se juxtaposent facilement, les évènements s'enchaînent rapidement.

Pour vous convaincre lisez les premières lignes et vous ne reposerez pas le livre.
Cette histoire continuera à vous hanter encore quelques temps, vous vous retournerez fréquemment pour vérifier si vous n'êtes pas suivi par exemple, peut-être que vous ne lirez plus les journaux aussi crédulement !

*En 1985, dans son émission de télévision "Apostrophes" Bernard Pivot propose, en direct, de rembourser tout lecteur insatisfait par le roman: "Comme neige au soleil". Ainsi débute le succès de William Boyd en France.

Seuil, paru en février 2007 - 23€ (notez la date de parution et celle de mon commentaire !)

Posté par Agapanthe à 18:46 - Boyd William - Commentaires [20] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 février 2007

L'élégance du hérisson - Muriel Barbery

herissonAttention les propos qui vont suivre vont certainement vous surprendre, venant d'une personne aussi mesurée que moi.
J'ai adoré ce livre, d'y repenser j'en glousse encore. Comment décrire en quelques mots, la jubilation qui s'est emparée de moi en lisant "L'élégance du hérisson", la confrontation de deux univers antagonistes dans le confort feutré d'un bel immeuble parisien. Tous les délices de l'hypocrisie, des faux-semblants, le paraître et le faire-croire réunis pour ma plus grande joie.

Présentation de l'éditeur
"Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.
Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. "

Un petit extrait au hasard :
"Je ne vois que la psychanalyse pour concurrencer le christianisme dans l'amour des souffrances qui durent.

C'était tellement réjouissant que j'ai vu arriver la fin avec tristesse et je ne dédaigne pas à l'occasion de rouvrir ce livre pour me délecter de quelques passages.
Depuis, je me surprends à regarder ma gardienne différemment, à chercher la faille, à tendre l'oreille pour vérifier si elle ne regarderait pas Arte en cachette par exemple.
Merci Cuné et Florinette, vos billets m'ont poussée dans la librairie et je ne regrette qu'une chose, avoir tardé.

Vous pouvez découvrir le blog de Muriel Barbery, vous serez surpris par cette virtuelle parisienne.

Posté par Agapanthe à 22:59 - Barbery Muriel - Commentaires [23] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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