Oui, j'ai le temps de Lire

... ou je le prends. Des critiques subjectives de livres récents.

28 juin 2006

A moins d'aimer - Véronique Fiszman

fiszmanChouette, un bon roman pour partir en vacances.
Je n'ai pas dit une niaiserie pour la plage, non un vrai roman qui se dévore, qui est léger sans trop, non plus. J'ai apprécié l'équilibre entre la détente qu'il procure, la difficulté à le refermer et l'histoire bien ficelée.

Présentation de l'éditeur
Hantée par la mort de son frère, Corinne Chénier est sans repères lorsque ses parents la mettent à la porte. Du haut de ses dix-huit ans, elle n'a d'autre solution que de faire appel à Renée, une vieille dame aimante et chaleureuse qui la prend sous son aile. Malgré ce soutien, Corinne se construit maladroitement. Elle rejette toute forme d'attachement pour ne s'intéresser qu'à sa réussite professionnelle. Traquée par la souffrance, en quête d'apaisement, elle trouve le conflit. C'est en fuyant les sentiments qu'elle rencontre l'amour. A moins d'aimer est un roman en prise avec la réalité, sans sympathie ni complaisance pour toutes les formes que revêt le pouvoir, inscrit dans notre société avec tout ce qu'elle a de complexe et de paradoxal. A la dernière page du roman, Corinne Chénier, l'héroïne, pleure. Mais par quoi est-elle passée pour y parvenir enfin ? A moins d'aimer est l'histoire d'une réussite imprévue, celle de l'amour sur une jeune femme qui passe sa vie à s'en défendre.

Avec un style assez sobre, Véronique Fiszman nous raconte la vie de cette jeune femme, ses bassesses, sa haine qui la poussent  vers l'avant. Sans tomber dans un drame DanielleSteelienne, quelques clichés auraient pu nous être épargnés notamment sur la condition paysanne, mais tout de même j'ai pris beaucoup de plaisir. Et puis c'est un exemple d'ascenseur social et une belle histoire d'amour.

N'hésitez pas à l'emporter dans vos bagages.

Flammarion paru le 3 avril 2006 -Broché - 384 pages  - 19€

Posté par Agapanthe à 20:40 - Fiszman Véronique - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


26 juin 2006

Seulement l'amour - Philippe Ségur

seulement_amour1Et, pas grand-chose de plus!
Dès les premières lignes, je pressens la catastrophe, je me suis fourvoyée dans un roman aussi profond que son titre le laissait supposer, de l'eau de rose. Les amours de Mado et Hippo s'étalent sur plus de 300 pages, tout un programme.

Présentation de l'éditeur
A quarante-quatre ans, Hippolyte Sicher a tout réussi. Lui qui a entrepris des études médicales parce qu'il ne faisait pas confiance aux toubibs, est devenu neuropsychiatre dans un grand hôpital parisien. Entouré d'une secrétaire complaisante et d'un ami exubérant, Hippolyte Sicher mène une existence confortable qui lui permet d'assouvir ses deux principales passions : la musique et la phytothérapie (il ne fait toujours pas confiance aux médecins). Il y a pourtant une ombre dans le passé du docteur Sicher. A l'âge de vingt-quatre ans, il a quitté la femme dont il était amoureux le jour de son mariage. La rupture s'est produite au cours d'une crise dont il a occulté le souvenir. Vingt ans plus tard, il va faire cependant une découverte prodigieuse : il possède la faculté de remonter le temps. Une seule condition lui est imposée : il ne sera que le passager de lui-même, le témoin de ses pensées et de ses gestes d'autrefois. Ainsi va-t-il commencer une double vie : la première, le jour, dans les arcanes impitoyables de l'univers hospitalier, la seconde, la nuit, dans l'éternel été de sa jeunesse. Et tandis qu'il succombe de nouveau à l'envoûtement de la passion, des questions de plus en plus obsédantes se posent à lui : qui est ce jeune homme de vingt ans en qui il ne se reconnaît plus ? Comment a-t-il pu quitter cette jeune fille délicieuse ? Et surtout, surtout, est-ce que le passé, par hasard, n'accepterait pas de se laisser changer ?

Avec cela, tout est dit. Et à la question obsédante (et fatigante) que se pose Hippo "Mais pourquoi l'ai-je quittée?" même la fin n'apportera pas de réponse.

Quelle déception, j'avais aimé de Philippe Ségur "Métaphysique du Chien" drôle et saugrenu, là j'ai eu beau accélérer le rythme de lecture, sauter de plus en plus de mots, rien n'y a fait, et la fin hâtive a couronné cette bluette.

Heureusement, je l'avais juste emprunté à la bibliothèque.

Buchet-Chastel paru le 5 janvier 2006 Broché - 387 pages - 20€

Posté par Agapanthe à 00:56 - Ségur Philippe - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 juin 2006

Non, ma mère n'est pas un problème - Stéphanie Janicot

janicot

Bien sûr, nous n'avons pas de problème nous lecteurs, avec notre mère!
Mais en écoutant les deux versions de la mère et du fils en parrallèle, on se dit que finalement tout n'est pas si clair et net.

Présentation de l'éditeur
« Nous pouvons faire un bout de chemin ensemble ». C’est la phrase-clé et presque rituelle que prononce le Docteur David Holstein au moment de prendre en analyse Aaron-Pierre, quarante ans, orphelin de père et quasiment de mère. Comme son prénom le suggère, il est le fils d’une mère juive et d’un père catholique, ce qui ne lui simplifie pas la vie. Mais cette histoire serait banale si parallèlement aux propos d’Aaron-Pierre sur le divan, ne venaient en contrepoint, s’ajouter le journal de sa mère, 40 ans plus tôt, où elle relate les grandes étapes de son existence : jeune fille de 20 ans amoureuse de son mari, puis jeune mère attentive et parfaite, rapidement mise face à l’injustifiable : frappée et surveillée par son mari, avocat versaillais respectable et sûr de lui, qui lui fait du chantage pour l’empêcher de divorcer. Elle devient peu à peu une épouse déçue, épuisée, bientôt murée dans la frigidité et la révolte conjugale. Parviendra-t-elle à se libérer de cet homme qui a plus d’ambition que d’état d’âme ? D’ailleurs, son malheur vient-il réellement de lui ? Et qu’adviendra-t-il de leur fils unique, pris dans cette tourmente ?
A travers le double récit d’Aaron-Pierre et de sa mère, le roman d’un jeune homme angoissé en même tant qu’habile et cynique, qui mène sa vie tant bien que mal jusqu'au dénouement surprenant et cocasse.
janicot_famille

J'ai pris ce livre sur les recommandations de Clarabel et au vu de la 4ème de couverture, je ne m'attendais pas à ce ton détaché, ironique et sans complaisance. Certainement après ce livre, vous ne regarderez plus votre mère de la même façon, mais n'oubliez pas que tous les pères non plus ne ressemblent pas à celui du héros. Même si l'on peut reprocher certaines facilités parfois sur la condition féminine des annés 60, il n'en reste pas moins que le portrait de la mère est touchant.

J'ai beaucoup apprécié ce livre, la fin est en harmonie avec le livre et satisfaisante pour les lecteurs. Aussi, je vais rapidement lire le dernier ouvrage de Stéphanie Janicot "Cet effrayant besoin de famille".

Et en plus l'auteur a son site perso : Stéphanie Janicot

Le Livre de Poche paru le 18 février 2004 - 254 pages - 5,5€

Posté par Agapanthe à 16:09 - Janicot Stéphanie - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 juin 2006

La ligne noire - Jean-Christophe Grangé

ligne_noireMise en garde !
Ce qui va suivre n'est pas une critique de livre, mais une recommandation.
Ce livre n'est pas à mettre entre toutes les mains et surtout pas n'importe quand.
Mon libraire m'avait pourtant prévenu, "ne finissez pas ce livre après 22 heures".

Bien entendu, je n'ai rien écouté, j'ai lu, lu, toujours plus angoissée, dégoûtée mais entraînée inexorablement jusqu'au bout. Et là l'horreur le partage au dégoût et à l'incrédulité : Comment un homme normal peut-il imaginer et écrire des choses si terribles?
Bien sûr, à deux heures du matin quand vous refermez enfin ce F... livre, les questions suivent, une heure après vous êtes toujours à vous demander Le pourquoi du comment, et surtout vous priez pour ne jamais croiser la route de Jean-Christophe Grangé. Je crains que la part de noirceur de sa personnalité soit exceptionnellement élevée et assez effrayante.

Ce polar que l'on peut difficilement qualifier de divertissant est fortement angoissant, détonnant et dérangeant. A lire, oui, mais en s'entourant de précautions.

Dernier conseil : prévoyez sur votre table de nuit, un livre réellement distrayant pour lui succéder, avec une forte tendance à l'optimisme.

Le livre de poche paru le 7 juin 2006 - 606 pages - 8€

Posté par Agapanthe à 23:33 - Grangé Jean-Christophe - Commentaires [16] - Rétroliens [1] - Permalien [#]

15 juin 2006

Comment élever son papa - Alain Le Saux

elever_papa1Je fais une trêve avec l'Education Nationale, pour aborder un autre sujet extrêmement sérieux. Au coeur de nombreux débats, objet de maints et maints articles je veux parler de l'éducation parentale, et plus particulièrement de celle des Papas.

Ne voyez pas dans le choix de ce livre, une quelconque critique du rôle du père dans l'éducation des enfants. Je reconnais toutefois que mon côté féministe (endoctrinée par Elle et Marie-Claire, depuis des années) s'est délecté de ce livre pour enfants.

Dès la première page, l'idée maîtresse du livre est posée, le reste n'est que jubilations :
                    "On n'a qu'un papa.
              Comme il n'est jamais parfait
il est indispensable d'être informé sur les façons de bien l'éduquer.
Un papa bien éduqué est un papa sans problèmes."

Je n'ose suggérer un tel livre pour la Fête des Pères, mais si tel est le cas je m'en réjouirai et me délecterai des réactions et commentaires.

Posté par Agapanthe à 23:02 - Le Saux Alain - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 juin 2006

La fabrique du crétin - Jean-Paul Brighelli

cretin1A lire d'urgence. Que vous ayez des enfants ou pas, nous sommes tous concernés.
Le crétin de l'histoire n'est pas celui qui sort de la fabrique, c'est celui qui commande et dirige la fabrique. Et en l'occurrence c'est l'école, notre sacro-sainte Education nationale.
 

Ce livre dresse le portrait de l'école d'aujourd'hui, les attentes des dirigeants et l'échec qui s'en suit. Le niveau baisse d'année en année, on demande de moins en moins de connaissance aux élèves et on les égare dans de voies de garage. Certes, ils choisiront parmi 35 bacs très attractifs, le pire c'est qu'ils l'auront leur bac à la fin (80% de réussite), mais quel bac et pour quel avenir?

Parce qu'il n'est pas toujours aisé de comprendre ce qui se passe autour de nous, et qu'en tant qu'élèves ou parents d'élèves nous subissons, cet audit de l'Education Nationale nous permet de voir et appréhender différemment.
Avec un mot d'ordre "L'élève au centre de l'école", l'école est un lieu de vie ! Tout doit être fait pour le mener en douceur vers la classe supérieure, sans pression ni cruelles sanctions comme une mauvaise note.
Au final, les élèves n'ont plus de bases solides, leur capacité d'analyse, de réflexion sont inexorablement réduites. "aux élèves d'aujourd'hui, on apprend 15% de ce qu'on enseignait il y a vingt ans". Dès le primaire, l'allègement des programmes sévit au détriment de tous les élèves. 

Présentation de l'éditeur
Nos enfants ne savent plus lire, ni compter, ni penser. Le constat est terrible, et ses causes moins obscures qu'on ne veut bien le dire. Un enchaînement de bonnes intentions mal maîtrisées et de calculs intéressés a délité en une trentaine d'années ce qui fut l'un des meilleurs systèmes éducatifs au monde. Faut-il incriminer les politiques, les profs, les parents, les syndicats, les programmes ? En tout cas, la Nouvelle Pédagogie a fait ses " preuves " : l'école a cessé d'être le moteur d'un ascenseur social défaillant. Ceux qui sont nés dans la rue, désormais, y restent. Dès lors, que faire ?

Jean-Claude Gawsewitch paru le 22 août 2005)- ESSAIS - 221 pages

C'est alarmant, assez déprimant, mais tellement instructif, et savoir nous permettra de rester vigilant et d'agir. Le tableau dressé est certainement exagéré (du moins je l'espère) et sans concession, mais même si des écoles semblent encore faire exception, la grande majorité semble se conformer à ce triste portrait.
Tout ça n'est pas très drôle et dénote de mes billets précédents, mais cela m'a suffisamment bouleversé pour ressentir le besoin d'en parler.
 

Posté par Agapanthe à 22:52 - Brighelli Jean-Paul - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 juin 2006

Mauvais garçon - Willy Russell

mauvais_gar_on... mauvais départ avec ce roman, acheté parce qu'un libraire l'avait aimé, et ça je ne résiste pas.
Quelques dizaines de pages plus loin, la magie n'a pas opéré, je me demande ce que je fais en compagnie de cet adolescent disgracieux. Nous n'avons aucun point commun et je ne sais même pas à quoi ressemble la musique de son idole Morissey.

Et puis, doucement, je me prends d'intérêt pour la vie de ce garçon raconté avec cet humour anglais si délectable et beaucoup de sensibilité.

Présentation de l'éditeur
Raymond Marks n'a pas de veine! Grâce aux bons soins de l'infâme Oncle Jason, le voilà en partance pour "Grimsby-sur-Gerbe", "le dépotoir à chalutiers de la côte la plus glaciale de la mer du Nord". En hommage à la liberté qu'il laisse derrière lui, il a choisi de faire le trajet en auto-stop. Mais le voyage sera plus chaotique que prévu, semé d'embûches et de rencontres étranges. Heureusement, il y a son idole, Morrissey, le chanteur des Smiths, à qui il écrit des lettres qu'il n'envoie pas. Drôle et bouleversant, il lui raconte son périple et toute l'histoire de sa vie, sa géniale grand-mère et le triste concours de circonstances qui l'a conduit sur la route de Grimsby... Avec un cœur gros comme ça et beaucoup de lucidité, Raymond, petit frère anglais de L'attrape-cœurs, cherche son chemin dans ce monde qui le voudrait désespérément "normal", balançant entre autodérision et émotion pure

Raymond tente de grandir le plus normalement possible auprès de sa mère dépressive, mais tout s'acharne contre lui. Seule sa formidable grand-mère, d'une intelligence et d'une clairvoyance rare, est là pour le protéger.
En définitive, je n'ai plus lâché ce livre jusqu'à la fin, et quelle fin fantastique !
A lire vite et vous apprécierez à sa juste valeur la couverture du livre (très tendance, le pull orange et les lunettes XXL).

Posté par Agapanthe à 21:26 - Russell Willy - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 juin 2006

Le problème avec la Bibliothèque ...

biblio_3... qu'elle soit municipale ou associative, c'est que je l'aime à peu près autant qu'elle m'exaspère.
Elle est indispensable aux habitants d'une ville ou d'un village, mais la frustration qu'elle engendre et parfois à la limite du supportable. Que celui ou celle qui n'est jamais revenu déçu de la Bibliothèque, parce qu'une fois de plus ce livre dont on avait très envie, n'a pas été acheté ou déjà emprunté.

Pourtant, je salue et respecte le travail (très souvent bénévole) de ces bibliothécaires, il est fantastique.
Le point noir, c'est la sélection de livres. Trop souvent, le budget est très serré et les achats sont limités, le choix va consister à plaire au plus grand nombre, sans prendre de risques. Et la population de référence est souvent "la ménagère de plus de 50 ans" (ce n'est pas une réflexion condescendante, j'utilise seulement un langage marketing).

D'autant plus, que la plupart des bibliothécaires qui font ce travail (et ce n'est pas un vain mot, cela prend du temps) ne sont pas vraiment dans la même configuration âge-activité que moi. Nous avons donc des goûts communs limités.

Au final, je trouve peu de livres qui me correspondent, qui m'étonnent, qui m'enthousiasment, l'offre est modeste et trop uniforme. Le dialogue, le renouveau n'est pas toujours facile à instaurer, sans blesser les susceptibilités. biblio_1

Si les achats sont restreints, le fonds de livres n'est pas toujours très attractif, il y a souvent un stock de best-seller des années 60 à 80, qui n'ont marqués les esprits que de façon très éphémère et ne suscitent plus l'engouement de grand monde.

Par contre, pour les enfants, le choix et la diversité sont toujours de qualité, alors samedi quand j'amènerai mes enfants emprunter quelques livres, j'en trouverai bien un ou deux pour moi, quoi que j'en dise et je serai ravie.

Posté par Agapanthe à 22:04 - Le problème avec ... - Commentaires [18] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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